Des recettes provençales aux usages des plantes sauvages, en passant par les savoir-faire liés au liège, à la canne de Provence ou à la châtaigne, chacun est invité à transmettre un morceau de son histoire. Anthropologues, chercheurs et artistes vont recueillir ces témoignages pour constituer un atlas inédit du patrimoine culturel immatériel varois.
En résumé…
Le Département du Var lance un Atlas participatif des savoirs pour préserver les traditions, recettes, remèdes, usages des plantes et savoir-faire qui font l’identité du territoire. Mené avec le CNRS et Aix-Marseille Université, ce projet s’inscrit dans la candidature du Géoparc Socle de Provence – Riviera française au label UNESCO. Les habitants sont invités à partager leurs connaissances afin de transmettre ce patrimoine aux générations futures

Un patrimoine vivant à sauvegarder
Le projet réunit le Département du Var, le CNRS et Aix-Marseille Université autour d’un objectif : inventorier les savoirs qui façonnent l’identité du territoire compris entre Sanary-sur-Mer et Vallauris. Les chercheurs s’intéressent autant au patrimoine matériel – comme le chêne-liège, la canne de Provence ou la castanéiculture – qu’aux traditions, aux recettes, aux remèdes, aux gestes artisanaux ou encore aux pratiques liées à la nature.
Pour Véronique Lenoir,Présidente de la Commission Culture au Département du Var, cette démarche est une première.
« Nous sommes à la recherche de témoignages de Varoises et de Varois pour nous parler de recettes, de remèdes de grand-mère, des usages des plantes et de tous ces petits secrets transmis dans les familles. »
L’objectif est de conserver cette mémoire collective avant qu’elle ne disparaisse.
Pourquoi un anthropologue ?
Pour mener cette enquête, le Département s’appuie sur Frédéric Joulian, anthropologue à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Marseille.
Un anthropologue étudie les sociétés humaines, leurs traditions, leurs modes de vie et leurs savoir-faire. Après plusieurs décennies de recherches en Afrique et au Japon, Frédéric Joulian est revenu travailler dans sa région d’origine pour documenter les pratiques locales.
« Je cherche à documenter ces savoir-faire et à les remettre en valeur. »
Avec son équipe, il parcourt les 60 communes concernées par le futur Géoparc afin de recueillir les usages liés aux plantes, à la forêt, au littoral et aux ressources naturelles.
Le changement climatique accélère la disparition des savoirs
Pour le chercheur, la transmission n’a jamais été aussi urgente.
« Aujourd’hui, on est face à une véritable rupture. »
Selon lui, la disparition progressive du monde agricole, les évolutions culturelles et le changement climatique bouleversent profondément les pratiques traditionnelles.
Certaines communes connaissent déjà des tensions sur la ressource en eau. D’autres voient disparaître des cultures ou des techniques ancestrales. Face à ces mutations, les chercheurs souhaitent enregistrer ces connaissances avant qu’elles ne s’effacent définitivement.
Les traditions peuvent inspirer les solutions de demain
L’Atlas ne se limite pas à conserver la mémoire.
Frédéric Joulian estime que ces pratiques anciennes peuvent répondre à des enjeux très actuels.
« Les savoirs anciens sont importants parce qu’ils nous permettent de trouver des solutions durables aujourd’hui. »
Il cite notamment le retour de la céramique, de la vannerie ou de la canne de Provence dans la construction comme alternatives à certains matériaux issus de la pétrochimie.
Une démarche qu’il qualifie de rétro-ingénierie : observer les solutions éprouvées par les générations précédentes pour imaginer celles de demain.
Les habitants invités à partager leurs souvenirs
L’enquête s’adresse à tous.
Les chercheurs souhaitent recueillir :
- des recettes familiales ;
- des usages des plantes sauvages ;
- des remèdes traditionnels ;
- des techniques artisanales ;
- des pratiques agricoles ou forestières ;
- des anecdotes liées au patrimoine local.
« Qui utilise encore des plantes sauvages ? Et vous en faites quoi ? », interroge Frédéric Joulian.
Les témoignages seront étudiés par un comité scientifique avant d’intégrer le futur Atlas des savoirs, dont la publication est prévue d’ici fin 2027 pour accompagner la candidature du Géoparc Socle de Provence – Riviera française au label UNESCO.
Marcel Trimboli
INFOS PRATIQUES
Comment participer ?
Les habitants peuvent déposer leurs témoignages (recettes, usages des plantes, savoir-faire, traditions familiales) via la plateforme participative mise en place dans le cadre de l’enquête menée par le CNRS et le Département du Var.
https://framaforms.org/partagez-vos-recettes-geoparc-socle-de-provence-1781768703
FAQ – ATLAS DES SAVOIRS
Pourquoi créer un Atlas des savoirs ?
Pour préserver les connaissances, traditions et savoir-faire locaux qui disparaissent progressivement et les transmettre aux générations futures.
Qui peut participer ?
Tous les habitants du territoire, qu’ils souhaitent partager une recette, un remède, une pratique artisanale ou un souvenir lié au patrimoine local.
Quel est le rôle de l’anthropologue ?
Il recueille, analyse et documente les pratiques culturelles et les savoir-faire afin de mieux comprendre leur histoire et leur transmission.
À quoi servira cet atlas ?
Il contribuera à valoriser le patrimoine culturel du territoire et à soutenir la candidature du Géoparc « Socle de Provence – Riviera française » au label UNESCO.
Ce qu’il faut retenir
- Le Département du Var lance un Atlas participatif des savoirs.
- Le projet est mené avec le CNRS et Aix-Marseille Université.
- Les habitants sont invités à partager recettes, remèdes, savoir-faire et traditions.
- L’Atlas servira à valoriser le patrimoine culturel du futur Géoparc Socle de Provence – Riviera française.
- La publication est prévue fin 2027.
A lire aussi :
Géoparc UNESCO : le Var franchit une nouvelle étape avec sa salle scientifique à La Garde
Les expositions de l’été 2026 dans le Var
Info83, le Var proche de vous









