Située au Cannet-des-Maures, la Base École Général Lejay constitue le principal centre de formation de l’Aviation légère de l’Armée de Terre (EALAT). Si elle prépare les futurs pilotes d’hélicoptères, elle forme également les mécaniciens, contrôleurs aériens, météorologues et de nombreux autres spécialistes indispensables aux opérations. À travers plusieurs témoignages recueillis sur place, Info83 vous emmène dans les coulisses d’une base où près de 1 000 militaires et personnels civils contribuent chaque jour à former les équipages de demain.
En résumé…
À la Base École Général Lejay du Cannet-des-Maures, l’Aviation légère de l’Armée de Terre (ALAT) ne forme pas uniquement des pilotes. Mécaniciens, contrôleurs aériens, météorologues et de nombreux autres spécialistes participent chaque jour à la préparation et à la sécurité des missions. Une immersion qui met en lumière la diversité des métiers, les parcours de formation et les nombreuses possibilités de carrière offertes par l’armée de Terre.

Une aviation militaire qui ne repose pas uniquement sur ses pilotes
Quand on évoque l’Aviation légère de l’Armée de Terre (ALAT), l’image du pilote aux commandes d’un hélicoptère Tigre ou NH90 vient immédiatement à l’esprit.
Pourtant, derrière chaque décollage se cache un travail collectif où interviennent de nombreux spécialistes.
À la Base École Général Lejay (EALAT), située au Cannet-des-Maures, dans le Var, ces femmes et ces hommes assurent chaque jour la sécurité, la maintenance et la préparation des missions.
Lors d’une immersion réalisée par Info83, plusieurs militaires ont présenté leurs métiers et les parcours qui permettent d’intégrer cette grande famille de l’armée de Terre.

Les mécaniciens, garants de la sécurité des hélicoptères
Avant chaque vol, les mécaniciens préparent les appareils.
Le chef Alexandre est responsable d’intervention technique sur NH90.
Son rôle dépasse largement la simple réparation.
Il coordonne toute une équipe chargée de remettre les hélicoptères en condition de vol.
« Nous préparons les machines, nous assurons leur maintenance et nous coordonnons tous les techniciens nécessaires à leur remise en service. »
Autour de lui travaillent plusieurs spécialités :
- les mécaniciens cellules et moteurs ;
- les mécaniciens avioniques ;
- les spécialistes des structures.
Chacun intervient sur un domaine précis.
Les premiers assurent la mécanique générale.
Les seconds prennent en charge toute l’électronique embarquée.
Les derniers réparent les structures, les pales ou encore les éléments composites.
Une maintenance qui peut durer plusieurs mois
Toutes les interventions ne demandent pas le même temps.
Certaines visites sont réalisées toutes les 25 heures de vol et nécessitent seulement une journée.
En revanche, les inspections plus importantes peuvent immobiliser un appareil plusieurs mois.
Les plus grandes visites techniques sont même réalisées sur d’autres bases spécialisées.
Dans certains cas, un hélicoptère peut rester près d’une année en maintenance avant de retrouver les airs.
Comment devenir mécanicien dans l’ALAT ?
Deux voies principales permettent d’accéder au métier.
La première consiste à intégrer l’École nationale des sous-officiers de Saint-Maixent après le baccalauréat.
Après six mois de formation militaire, les élèves poursuivent une année de spécialisation à Rochefort avant de choisir leur type d’hélicoptère.
Une seconde filière s’adresse aux lycéens.
Elle débute dès la classe de Première au sein des Unités de Maintenance des Matériels Aéronautiques, avant une spécialisation sur les appareils.
Une carrière qui évolue avec l’expérience
La progression professionnelle constitue l’un des atouts de l’armée.
Les mécaniciens peuvent devenir responsables d’équipe, contrôleurs qualité ou encore mécaniciens navigants.
Ces derniers embarquent directement à bord des hélicoptères.
Ils assistent alors les pilotes pendant les missions et assurent le suivi technique en vol.
Pour le chef Alexandre, la cohésion reste l’un des souvenirs les plus marquants de son parcours militaire.
« Le stage commando nous soude complètement. On en ressort avec une véritable fraternité. »

Pilote Tigre : quatre années pour rejoindre un régiment opérationnel
Le lieutenant Baptiste termine actuellement sa formation de pilote Tigre.
Avant d’intégrer un régiment, il aura suivi près de quatre années de formation.
Le parcours commence après le baccalauréat.
Les candidats passent plusieurs sélections avant de rejoindre l’école de Dax.
Ils poursuivent ensuite leur apprentissage sur les systèmes d’armes propres à chaque hélicoptère.
« Ce métier demande surtout de la motivation et beaucoup d’investissement personnel. »
Pour lui, devenir pilote reste accessible.
Le véritable secret réside dans le travail et la persévérance.
Son choix du Tigre correspond également à une vocation.
Il souhaitait participer aux missions d’appui, de protection et d’intervention au plus près des opérations.

Les météorologues militaires jouent un rôle essentiel
Peu de personnes imaginent des météorologues au sein de l’armée de Terre.
Pourtant, leur mission s’avère indispensable.
Le maréchal des logis Antoine travaille à la cellule météo de la Base École Général Lejay.
Avant chaque vol, il fournit aux équipages toutes les informations météorologiques nécessaires.
Pendant les missions, il reste également disponible pour assister les pilotes.
Sa formation débute à Saint-Maixent.
Elle se poursuit ensuite pendant 18 mois à l’École nationale de la météorologie de Toulouse, aux côtés des élèves de l’armée de l’Air et de la Marine nationale.
Une expérience interarmées particulièrement enrichissante.

Les contrôleurs aériens assurent la sécurité des vols
Autre métier méconnu : contrôleur aérien.
Le maréchal des logis Aymeric veille quotidiennement à la sécurité des hélicoptères évoluant autour de la base.
Chaque jour, jusqu’à une trentaine de vols sont réalisés.
Cela représente environ 150 mouvements entre décollages et atterrissages.
Les contrôleurs organisent l’ensemble du trafic afin d’éviter tout risque de collision.
« Notre rôle consiste à apporter un maximum de sécurité aux équipages. »
Contrairement aux idées reçues, cette spécialité reste accessible.
Un baccalauréat suffit pour présenter les sélections.
La capacité à se représenter l’espace constitue cependant une qualité importante.
Après la formation militaire à Saint-Maixent, les futurs contrôleurs rejoignent Mont-de-Marsan afin d’apprendre leur spécialité.
L’armée de Terre mise sur la formation et l’évolution professionnelle
Tous les intervenants rencontrés par Info83 insistent sur un même point.
L’armée forme ses personnels tout au long de leur carrière.
Les militaires peuvent évoluer vers davantage de responsabilités, obtenir de nouveaux grades et accéder à différents concours internes.
Pour beaucoup, l’armée représente un véritable ascenseur social.
Quel que soit le métier choisi, chacun participe à la réussite des missions.
Car derrière chaque hélicoptère qui décolle, se trouvent des dizaines de spécialistes qui travaillent dans l’ombre.
Une base qui forme toute une génération de spécialistes
La Base École Général Lejay du Cannet-des-Maures demeure l’un des principaux centres de formation de l’Aviation légère de l’Armée de Terre.
Pilotes, mécaniciens, contrôleurs aériens, météorologues et de nombreuses autres spécialités y apprennent un même métier : servir tout en garantissant la sécurité des opérations aériennes.
Au-delà des hélicoptères impressionnants, cette immersion montre surtout que l’EALAT est avant tout une aventure humaine, fondée sur la compétence, la solidarité et l’engagement.
Marcel Trimboli
INFOS PRATIQUES – EALAT au Cannet-des-Maure
Lieu : Base École Général Lejay (EALAT), Le Cannet-des-Maures (Var)
Mission : Former les équipages, les mécaniciens et les spécialistes de l’Aviation légère de l’Armée de Terre.
Recrutement : Accessible dès le baccalauréat pour de nombreuses spécialités, avec des parcours adaptés selon les métiers.
Renseignements : Les candidats peuvent se rapprocher d’un Centre d’information et de recrutement des forces armées (CIRFA) ou consulter le site officiel sengager.fr.
FAQ – EALAT au Cannet-des-Maure
Quels métiers peut-on exercer au sein de l’ALAT ?
L’Aviation légère de l’Armée de Terre propose de nombreuses spécialités : pilote d’hélicoptère, mécanicien aéronautique, contrôleur aérien, météorologue, personnel de maintenance ou encore technicien navigant.
Faut-il être pilote pour intégrer l’ALAT ?
Non. Les pilotes représentent une partie des effectifs. L’ALAT recrute également de nombreux spécialistes indispensables au bon déroulement des missions aériennes.
Quel niveau d’études est nécessaire ?
La plupart des recrutements sont accessibles à partir du baccalauréat. Certaines filières permettent également d’intégrer l’armée dès le lycée ou après des études supérieures selon les spécialités.
Où sont formés les militaires de l’ALAT ?
La formation militaire débute généralement à l’École nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) de Saint-Maixent. Les élèves poursuivent ensuite leur spécialisation dans différents centres de formation, notamment à la Base École Général Lejay pour les métiers de l’aéronautique.
Ce qu’il faut retenir
- La Base École Général Lejay est le principal centre de formation de l’ALAT.
- Les métiers de l’ALAT vont bien au-delà du pilotage.
- Mécaniciens, météorologues et contrôleurs aériens jouent un rôle essentiel dans chaque mission.
- Les formations sont accessibles à différents profils, principalement à partir du baccalauréat.
- L’armée de Terre offre des perspectives d’évolution tout au long de la carrière.
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