17 000 rapatriés d’Algérie arrivent à Toulon en 1962
Sur le plateau d’INFO83, Marc Bayle, Préfet honoraire et historien, revient sur cet épisode majeur de l’histoire locale toulonnaise avec l’arrivée des pieds-noirs.
À l’été 1962, 17 000 rapatriés d’Algérie débarquent à Toulon. Beaucoup choisissent ensuite de s’y installer. Ils représentent alors environ 10 % de la population toulonnaise. L’arrivée des pieds-noirs modifie durablement la démographie, l’économie et la vie politique de Toulon.
« À l’été 62, 17 000 rapatriés d’Algérie débarquèrent sur les quais de Toulon. »
En résumé
À l’été 1962, 17 000 rapatriés d’Algérie débarquent à Toulon.
L’arrivée des pieds-noirs modifie durablement la démographie, l’économie et la vie politique de Toulon.
« Ça a apporté un dynamisme économique qui n’existait pas. »
L’État organise l’accueil et construit des logements pour les pieds-noirs rapatriés d’Algérie
Le gouvernement souhaitait initialement répartir les rapatriés sur l’ensemble du territoire français. Mais beaucoup privilégient les régions méditerranéennes. À Toulon, l’État organise leur accueil après l’indépendance de l’Algérie. Une cellule assure notamment l’immatriculation et l’accompagnement des nouveaux arrivants. Des programmes de logements sociaux accompagnent cette hausse rapide de la population. Selon Marc Bayle, plusieurs grands ensembles toulonnais trouvent leur origine dans cette période.

Une indemnisation qui alimente le ressentiment
La loi-cadre de décembre 1961 prévoit différentes mesures pour accompagner les rapatriés. Elle concerne notamment la subsistance, l’accueil et la réinstallation. L’indemnisation constitue cependant un point de tension durable. Plusieurs textes législatifs se succèdent pendant les décennies suivantes. Ce délai nourrit le ressentiment d’une partie des pieds-noirs envers l’État et les autorités nationales. Beaucoup ont quitté l’Algérie en abandonnant une grande partie de leur vie sur place.
La municipalité de Toulon se mobilise
La municipalité dirigée par Maurice Arreckx intervient également lors de cette arrivée massive. Certains rapatriés campent alors sur les quais de l’Arsenal. La Ville recrute ensuite une centaine d’entre eux dans ses services, selon Marc Bayle.
L’installation des pieds-noirs produit aussi des conséquences politiques locales. Lors de l’élection présidentielle de 1965, Jean-Louis Tixier-Vignancour obtient près de 16 % des suffrages à Toulon. Son résultat national atteint environ 5 %.
Un nouveau dynamisme économique pour Toulon et le Var
Les rapatriés retrouvent rapidement une activité et développent de nombreuses entreprises, selon Marc Bayle. Ils investissent notamment le commerce, l’artisanat et les travaux publics. Cet apport intervient dans une ville alors fortement dépendante de l’Arsenal et de la Marine nationale.
Le phénomène dépasse Toulon. Marc Bayle rappelle qu’en 1968, un Varois sur cinq était rapatrié. Cette présence transforme profondément la structure démographique et économique du département.
« Les rapatriés ont très vite retrouvé de l’emploi et ils ont manifesté un dynamisme entrepreneurial très fort. »
Une histoire toujours présente dans la société toulonnaise
Plus de six décennies après 1962, cette histoire reste visible à Toulon et dans le Var. Les descendants des rapatriés participent toujours à la vie locale. Marc Bayle retient notamment leur contribution au développement économique de la ville.
L’arrivée des pieds-noirs constitue ainsi un épisode essentiel pour comprendre les transformations contemporaines de Toulon.
« Ça a apporté un dynamisme économique qui n’existait pas. »
Laurence MF
INFOS PRATIQUES
- L’arrivée de 17 000 pieds-noirs en 1962 à Toulon
- Interview de Meddy Viardot pour INFO83
- Invité : Marc Bayle, Préfet honoraire et historien
- Date : Interview réalisé le 11 septembre 2026
FAQ – FOIRE AUX QUESTIONS
- Combien de rapatriés d’Algérie arrivent à Toulon en 1962 ?
À l’été 1962, 17 000 rapatriés d’Algérie débarquent à Toulon. - Comment l’État organise-t-il l’accueil des rapatriés à Toulon ?
Une cellule assure notamment l’immatriculation et l’accompagnement des nouveaux arrivants. - Dans quels secteurs les rapatriés développent-ils de nombreuses entreprises ?
Ils investissent notamment le commerce, l’artisanat et les travaux publics. - Quelle était la proportion de rapatriés dans le Var en 1968 ?
Marc Bayle rappelle qu’en 1968, un Varois sur cinq était rapatrié.
CE QU’IL FAUT RETENIR
- Une arrivée massive en 1962. À l’été 1962, 17 000 rapatriés d’Algérie débarquent à Toulon. Beaucoup choisissent de rester dans la ville.
- Un poids démographique important. Les nouveaux arrivants représentent environ 10 % de la population toulonnaise. Leur installation transforme rapidement la ville.
- L’État organise l’accueil. Les services publics accompagnent les rapatriés et développent des logements sociaux. Toulon construit plusieurs grands ensembles.
- L’indemnisation provoque des tensions. Les procédures prennent plusieurs décennies. Ces délais renforcent le ressentiment de nombreux pieds-noirs envers l’État français.
- La municipalité de Toulon intervient directement. Le maire de Toulo,, Maurice Arreckx mobilise ses services. La Ville recrute notamment une centaine de rapatriés dans ses équipes municipales.
- Les rapatriés dynamisent l’économie locale. Ils développent le commerce, l’artisanat et les travaux publics.
- En 1968, un Varois sur cinq était rapatrié. Leur arrivée marque durablement Toulon et le Var.
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