À Toulon, Pierre Grech alerte sur la crise du logement en France, devenue un enjeu social et politique majeur.
Vice-président de Grech Immobilier, il distingue le marché immobilier du logement au sens du droit à se loger.
Sur le plateau d’INFO83, il décrit une pénurie durable de logements et une décennie sans vision d’État stratège.
« Il manque actuellement 1,5 à 2 millions de logements en France en 2025. »
Pierre Grech, vice-président de Grech Immobilier, décrit une crise du logement devenue structurelle en France : pénurie massive de logements, classes moyennes exclues, offre locative privée en recul.En résumé
Il met en cause dix ans de macronisme sans vision d’état stratège, une fiscalité jugée confiscatoire (IFI, normes, dispositifs « rustines ») et le découragement des bailleurs privés, pourtant moteurs du parc résidentiel.
Selon lui, le logement pèse désormais sur la natalité, la mobilité professionnelle et l’économie réelle. Il appelle à un véritable « plan Marshall du logement » après 2027, fondé sur la construction massive et une politique de long terme.
Crise du logement en France : classes moyennes et bailleurs privés oubliés
Pour Pierre Grech, le logement n’est plus un sujet technique réservé aux experts.
Il est devenu un problème politique central, lié à l’organisation de la cité.
Les alertes des syndicats professionnels sur une bombe sociale à retardement n’ont pas été entendues.
Entre 2017 et 2025, il déplore l’absence de politique globale du logement.
Il pointe la sortie progressive de l’État stratège et la succession de dispositifs temporaires.
Le logement se retrouve ainsi au croisement du social, de l’économie et de la démographie.
« Le logement, l’immobilier, ce n’est pas de l’argent qui dort. Au contraire, le logement, l’immobilier, c’est de l’argent qui ruisselle. »
Crise du logement : un problème devenu structurel en France
Selon lui, la crise du logement en France s’enracine dans deux croyances du macronisme.
L’idée que « l’immobilier, c’est de l’argent qui dort » a guidé plusieurs décisions fiscales.
La confiance dans un marché capable de s’autoréguler a remplacé une politique structurée.
Pierre Grech décrit une fiscalité confiscatoire pour les propriétaires et les bailleurs privés.
Il cite l’Impôt sur la Fortune Immobilière comme un signal dissuasif pour l’investissement.
Le secteur subit aussi une instabilité normative et des dispositifs jugés trop complexes.
Le dispositif Jeanbrun est pour lui une rustine fiscale de plus, sans effet massif.
Il regrette une politique faite d’annonces successives, plutôt qu’un cap lisible et durable.
Classes moyennes, loyers et natalité en chute
Sur le terrain, la crise du logement en France touche d’abord les classes moyennes.
Elles sont « trop riches pour les aides, trop pauvres pour le marché ».
Beaucoup sortent de l’accession à la propriété et se reportent vers le parc locatif.
En parallèle, l’offre locative privée se contracte sous l’effet de la fiscalité et des normes.
Des bailleurs découragés vendent leurs biens, qui sortent du parc locatif résidentiel.
Les loyers restent élevés en raison de la rareté, surtout dans les zones tendues.
Pierre Grech établit aussi un lien entre logement et natalité en baisse.
Fonder une famille devient difficile quand on ne peut ni déménager ni s’agrandir.
« Je ne suis pas en capacité de déménager vers un logement plus grand si je vais accueillir un nouvel enfant. »
Classes moyennes et bailleurs privés : les oubliés du logement en France
Pour l’invité d’INFO83, le grand angle mort reste le bailleur privé.
Le parc locatif privé repose largement sur des particuliers issus des classes moyennes.
Ils cherchent un investissement refuge et un complément de retraite, pas une rente spéculative.
Pierre Grech rappelle que les institutionnels investissent peu dans le locatif résidentiel.
Ils jugent le rendement trop faible face aux contraintes réglementaires et au risque politique.
La croyance selon laquelle ils remplaceraient les particuliers s’est révélée fausse.
Les bailleurs privés financent pourtant l’essentiel du parc locatif résidentiel.
Ils réhabilitent les logements et assurent l’offre pour les classes moyennes.
Les décourager revient, selon lui, à affaiblir le seul moteur qui fonctionnait encore.
Toulon : une crise visible sur le terrain local
À partir de l’exemple toulonnais, Pierre Grech décrit une réalité très concrète.
Dans l’agglomération toulonnaise, les prix de vente restent élevés malgré la hausse des taux.
Les loyers demeurent tendus, car chaque logement qui sort du marché aggrave la pénurie.
Il constate que de nombreux ménages acceptent des logements inadaptés à leurs revenus.
Certains biens ne correspondent ni à leurs besoins, ni à leur situation socioprofessionnelle.
Ce décalage nourrit un sentiment de déclassement chez de nombreux Français.
Le logement bloque aussi la mobilité professionnelle dans le Var et ailleurs.
Certaines entreprises peinent à recruter, faute de solutions pour loger leurs salariés.
Pour Pierre Grech, la crise du logement en France freine désormais l’économie réelle.
Plan Marshall du logement et présidentielle 2027
Pour l’invité d’INFO83, construire massivement n’est plus une option idéologique.
Les besoins dépassent aujourd’hui cinq cent mille logements par an au niveau national.
Sans rattrapage massif, le déficit continuera de se creuser chaque année.
Il plaide pour un plan Marshall du logement, économique et social.
Ce plan devrait associer État, collectivités, bailleurs privés et acteurs de terrain.
Il suppose une fiscalité stabilisée, plus lisible et globalement plus attractive.
La présidentielle de 2027 sera, selon lui, un moment de vérité.
Aucun candidat sérieux ne pourra éviter la question du logement.
Ce sera l’un des marqueurs du prochain quinquennat, comme la réindustrialisation.
FAQ – FOIRE AUX QUESTIONS
Qui est Pierre Grech ?
Pierre Grech est vice-président de Grech Immobilier. Il intervient sur INFO83 comme professionnel du logement et du marché immobilier.
Qu’appelle-t-on la crise du logement en France ?
Pierre Grech décrit une pénurie durable de logements, une offre locative en recul et des classes moyennes exclues de l’accession et de la location.
Pourquoi parle-t-on d’un plan Marshall du logement ?
Selon lui, la France manque de centaines de milliers de logements par an. Seule une politique massive, planifiée et transpartisane pourra combler ce retard.
Le logement est devenu un problème politique central, pas seulement un sujet technique. La crise du logement en France touche d’abord les classes moyennes, prises en étau entre aides et marché. Les bailleurs privés sont le moteur principal de l’offre locative, mais ils se détournent de l’immobilier. La situation pèse sur la natalité, la mobilité professionnelle et l’attractivité économique des territoires. Pierre Grech appelle à un véritable plan Marshall du logement après 2027, avec un État stratège retrouvé.CE QU’IL FAUT RETENIR
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