À travers une journée dédiée à l’alimentation locale, Coopazur à La Crau a réuni habitants, élus et professionnels autour d’un défi concret, mercredi 18 mars 2026.
Objectif : expérimenter une alimentation à moins de 51 km, accessible et bas carbone. Une démarche qui met en lumière les enjeux de sécurité alimentaire dans le Var.
En résumé…
À La Crau, mercredi 18 mars 2026, Coopazur a organisé un défi locavore et bas carbone pour tester la capacité du territoire à se nourrir localement.
À travers cet exercice concret, habitants, producteurs et élus ont pris conscience de la forte dépendance du Var aux circuits d’approvisionnement extérieurs.
Si le défi a démontré qu’un repas local est réalisable, il a également mis en évidence les limites actuelles du territoire.
Entre enjeux de sécurité alimentaire, de santé publique et d’organisation territoriale, l’initiative appelle à une mobilisation collective pour relocaliser l’alimentation.

Coopazur à La Crau propose un défi locavore et bas carbone pour tester le territoire
Au cœur de la journée « Mieux manger sur son territoire », organisée à La Crau, un défi a été lancé : concevoir un repas local, accessible et respectueux du climat.
Le principe est strict :
- produits issus d’un rayon de 51 kilomètres
- coût inférieur à 9,50 € par personne
- rémunération équitable des producteurs
- empreinte carbone limitée à environ 1,6 kg de CO₂
Ce cadre exigeant confronte directement le territoire à sa réalité.
De plus, cette initiative s’inscrit dans une dynamique portée par Coopazur pour sensibiliser aux enjeux de l’alimentation durable.

Une dépendance massive aux transports
En effet, « aujourd’hui, 98 % de notre alimentation arrive par les transports », rappelle Stéphane Linou.
Cependant, ce système, bien qu’efficace en apparence, reste particulièrement fragile en cas de crise.
En cas de rupture logistique, le territoire pourrait se retrouver en difficulté en quelques jours.
Un territoire agricole… mais peu nourricier
Dans le Var, cette dépendance est d’autant plus marquée que l’agriculture s’est fortement spécialisée.
« Le territoire est aujourd’hui assez pauvre en cultures vivrières », souligne Alain Camus.
En effet, historiquement orienté vers l’horticulture puis la viticulture, le département a progressivement délaissé les productions alimentaires essentielles.
Par conséquent, les cultures suivantes restent insuffisamment développées :
- maraîchage
- arboriculture
- légumineuses
Ainsi, l’autonomie alimentaire du territoire demeure limitée.
Un test qui révèle les limites locales
Pour construire le menu, les équipes ont dû partir des produits que l’on peut trouver sur le territoire.
« On est parti des produits disponibles… et la difficulté est réelle », explique Florian Moncellin.
D’une part, certains ingrédients manquent.
D’autre part, d’autres doivent être adaptés.
Ainsi, le défi nous montre les limites des capacités locales.

Le menu de notre Défi Locavore et Bas Carbone de Stéphane Linou ®
Un menu 100% local… dans un rayon de 51 km de Coopazur :
- Apéritif : Cade toulonnaise
- Entrée : Salade de printemps varoise : battavia, fèves, fenouil, artichaut, radis, carotte, chèvre fermier, pois chiches grillés.
- Vinaigrette : huile d’olive, miel de fleurs, citron

Dessert : Verrine fraise & kiwi, crumble blé & sarrasin à l’huile d’olive. Crème fermière & miel de garrigue. - Plat principal : Poulet jaune cou nu et pommes de terre aux herbes de garrigue. Feuille de chêne & aïoli
- Dessert : Verrine fraise & kiwi, crumble blé & sarrasin à l’huile d’olive. Crème fermière & miel de garrigue.
Alimentation et santé : un enjeu majeur
L’alimentation ne concerne pas seulement l’agriculture.
Elle impacte directement la santé publique.
Le docteur Recchia rappelle : « Pour 1 € investi en prévention, on économise 7 €. »
Mieux manger permet de réduire les maladies et les coûts du système de santé.
Des outils existent, mais restent peu mobilisés
Pour Stéphane Linou, la question alimentaire doit être intégrée aux politiques de gestion des risques.
Comme pour les incendies ou les inondations, les communes disposent déjà d’outils :
- plans communaux de sauvegarde
- DICRIM (documents d’information sur les risques majeurs)
- organisation du territoire
Des dispositifs qui pourraient intégrer la question de l’approvisionnement alimentaire.
Repenser l’alimentation à l’échelle du territoire
Au-delà du constat, la journée a permis d’identifier des pistes concrètes :
- diversifier les productions agricoles
- développer les circuits courts
- mobiliser la restauration collective
- structurer les filières locales
Objectif : renforcer l’autonomie alimentaire du territoire.
Une responsabilité collective
Relocaliser l’alimentation ne se décrète pas.
Cela implique :
- producteurs
- collectivités
- citoyens
- entreprises
« Se nourrir est une affaire de sécurité collective », rappelle Stéphane Linou.
À La Crau, Coopazur a posé une question importante :
Sommes-nous capables de nous nourrir localement ?
Entre dépendance logistique, enjeux sanitaires et transition écologique, la réponse passera par une mobilisation collective.
Vous voulez agir pour mieux manger ? Découvrez les initiatives de la coopérative en Provence ici
Marcel Trimboli – marcelpress-conseil@wanadoo.fr
INFOS PRATIQUES
- Lieu : Coopazur, 83260 La Crau – Var
- Événement : journée « Mieux manger sur son territoire »
- Date : mercredi 18 mars 2026
- Objectif : tester une alimentation locale, accessible et bas carbone
- Défi : repas 100 % local (moins de 51 km, moins de 9,50 €, faible empreinte carbone, producteurs correctement rémunerés.)
- Intervenants :
Stéphane Linou, auteur et consultant – créateurs des défis locavores et bas carbone®,
Alain Camus, directeur de Coopazur La Crau,
Florian Moncellin, directeur alimentation et territoire Coopazur La Crau,
Dr Recchia, docteur en médecine, spécialiste en sciences des aliments.
FAQ – Défis locavores et bas carbone – Coopazur à La Crau
Pourquoi parle-t-on de sécurité alimentaire dans le Var ?
Parce que la grande majorité de l’alimentation dépend des transports. En cas de rupture, le territoire ne pourrait pas se nourrir avec sa production locale.
Le défi locavore de Coopazur à La Crau est-il vraiment possible ?
Oui, le défi a été réussi. Cependant, il met en évidence des limites importantes liées au manque de production locale et à la disponibilité des produits.
Quelles sont les solutions évoquées pour manger local ?
Diversifier les productions agricoles, développer les circuits courts, mobiliser la restauration collective et mieux coordonner les acteurs du territoire.
Quel est le lien entre alimentation et santé ?
Une alimentation plus locale et équilibrée permet de prévenir certaines maladies. Selon les experts, investir dans la prévention réduit fortement les coûts de santé.
Ce qu’il faut retenir
Le Var dépend à 98 % des transports pour son alimentation.
En cas de rupture logistique, le territoire pourrait être en difficulté en quelques jours.
Le défi locavore organisé par CoopAzur montre que manger local est possible, mais complexe.
Le territoire manque de cultures vivrières : maraîchage, arboriculture, légumineuses.
Des solutions existent : relocalisation, circuits courts, mobilisation des acteurs locaux.
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