Immobilier et canicule : La chaleur devient un enjeu immobilier majeur
Pierre Grech, de Grech Immobilier, est l’invité d’info83. Il analyse les effets des canicules sur le parc immobilier français. Le sujet concerne directement le Var et le littoral méditerranéen.
Les fortes chaleurs interrogent désormais le confort d’été, au même titre que la performance énergétique hivernale. Un logement français sur deux peut devenir une « bouilloire thermique » pendant les épisodes les plus chauds. Isolation, orientation, protections solaires et ventilation prennent donc une importance croissante.
« Le confort d’été est en train de devenir un enjeu immobilier aussi important que le confort d’hiver. »
En résumé
Confort d’été : Grech Immobilier souligne que les canicules transforment les critères de qualité des logements, notamment dans le Var et sur le littoral méditerranéen.
Adapter avant de climatiser : protections solaires, ventilation nocturne, isolation des toitures et végétalisation permettent de limiter la chaleur intérieure et le recours à la climatisation.
Valeur immobilière : orientation, environnement végétalisé et résistance aux fortes chaleurs pourraient progressivement compléter le DPE dans l’évaluation d’un logement face au réchauffement climatique.

Le DPE montre encore ses limites face aux fortes chaleurs
Le Diagnostic de performance énergétique (DPE) comporte un indicateur de « confort d’été », mais celui-ci ne modifie pas la note énergétique. Un baromètre portant sur 11,2 millions de diagnostics souligne aussi plusieurs limites. L’indicateur manquerait pour 27 % du parc étudié. Lorsqu’il apparaît, sa qualification serait erronée dans 16,4 % des cas.
Le diagnostic analyse surtout les caractéristiques du bâtiment et ses protections solaires. Il prend peu en compte son environnement climatique. Pourtant, un appartement réagit différemment selon sa ville et son exposition aux îlots de chaleur. Paris et l’arc méditerranéen figurent ainsi parmi les territoires particulièrement vulnérables.
Les logements neufs n’échappent pas au risque de surchauffe
Les logements récents ne garantissent pas systématiquement un bon confort pendant les canicules. Selon l’étude citée, 19 % des logements récents évalués obtiennent une appréciation « bonne » pour le confort d’été. Une isolation performante peut conserver la chaleur accumulée pendant plusieurs journées. L’exposition solaire et l’absence de ventilation nocturne aggravent alors la situation. Certaines villes du Nord affichent aussi des résultats défavorables. Plus de 70 % des logements seraient classés « insuffisants » à Lille, contre environ 23 % à Nice. Le Sud bénéficie d’équipements historiquement adaptés : volets, persiennes, stores, terrasses ombragées et protections solaires.
Empêcher la chaleur d’entrer avant de climatiser
L’adaptation commence par la limitation des apports de chaleur.
Plusieurs facteurs favorisent la surchauffe :
- protections solaires insuffisantes,
- toiture exposée,
- mauvaise inertie
- ventilation traversante impossible.
Des espaces extérieurs très minéraux renforcent également le phénomène. Volets, stores, brise-soleil, pergolas, végétalisation et ventilation nocturne constituent des réponses accessibles. Selon les professionnels, des protections extérieures peuvent réduire la température intérieure de 2 à 4 degrés. Un ventilateur de plafond peut procurer une sensation thermique inférieure de 3 à 4 degrés.
« Avant de refroidir un logement, il faut commencer par empêcher la chaleur d’y entrer. »
Dans le Sud, l’adaptation passive atteint ses limites
Les travaux menés avec le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) par le collectif Nos Villes à 50 degrés avancent un potentiel important. Avec plusieurs adaptations, 70 % des logements français pourraient affronter les vagues de chaleur de 2050 sans climatisation.
Les actions concernent notamment :
- la toiture,
- les protections solaires,
- les brasseurs d’air
- la ventilation nocturne.
La situation diffère cependant sur le pourtour méditerranéen et en Corse. Dans la zone la plus chaude étudiée, 45,7 % des logements pourraient rester habitables sans climatisation après adaptation. Les températures nocturnes élevées empêchent parfois l’évacuation de la chaleur accumulée pendant la journée.
« Avec plusieurs adaptations, 70 % des logements français pourraient affronter les vagues de chaleur de 2050 sans climatisation. »
La résilience climatique pourrait peser sur la valeur immobilière
La réponse aux canicules dépasse désormais les murs du logement. Arbres, jardins, balcons plantés et toitures végétalisées peuvent limiter l’accumulation de chaleur dans les quartiers. Cette question concerne particulièrement les zones urbaines très minérales. Elle possède aussi une dimension sociale, notamment dans les secteurs denses disposant de peu d’espaces verts.
À terme, deux logements affichant le même DPE pourraient offrir des conforts d’été très différents. Orientation, ventilation nocturne, végétation et température du quartier pourraient alors compter davantage.
« Après la performance énergétique, la résilience climatique du logement et de son environnement pourrait devenir un nouveau critère de la valeur immobilière. »
Laurence MF
INFOS PRATIQUES Immobilier et canicule
- Sujet : Immobilier et canicule
- Emission : Interview de Thierry Daven pour INFO83
- Invité : Pierre Grech, de Grech Immobilier
- Date : Vendredi 18 septembre 2026
- Site internet de Grech Immobilier
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FAQ – FOIRE AUX QUESTIONS
- Pourquoi les canicules changent-elles les critères de valeur d’un logement ?
Parce que le confort d’été devient déterminant. Orientation, protections solaires, ventilation et environnement végétalisé peuvent désormais différencier deux logements affichant le même DPE. - Le DPE mesure-t-il correctement le confort d’été ?
Pas complètement. Son indicateur prend surtout en compte les caractéristiques du bâtiment. Il intègre encore peu le climat local et les îlots de chaleur urbains. - Comment limiter la chaleur sans installer immédiatement une climatisation ?
Volets, stores, brise-soleil, isolation de la toiture, ventilation nocturne, brasseurs d’air et végétalisation permettent de réduire la surchauffe. - Pourquoi le Var est-il particulièrement concerné par le confort d’été des logements ?
Le Var appartient à l’arc méditerranéen, particulièrement exposé aux fortes chaleurs. Lorsque les températures restent élevées la nuit, les logements évacuent difficilement la chaleur accumulée le jour. Les protections solaires, la ventilation nocturne et la végétalisation deviennent alors essentielles. Selon l’étude citée, dans la zone la plus chaude incluant le pourtour méditerranéen et la Corse, seuls 45,7 % des logements pourraient rester habitables sans climatisation après adaptation.
CE QU’IL FAUT RETENIR
- Le confort d’été devient un enjeu immobilier majeur. Grech Immobilier souligne que les canicules révèlent la vulnérabilité de nombreux logements français, parfois qualifiés de « bouilloires thermiques ».
- Le DPE montre ses limites face à la chaleur. Son indicateur de confort d’été évalue surtout le bâtiment, sans intégrer suffisamment le climat local ou les îlots de chaleur urbains.
- Les logements récents ne sont pas toujours mieux protégés. Une forte isolation, une exposition solaire importante et une mauvaise ventilation nocturne peuvent favoriser l’accumulation de chaleur.
- L’adaptation doit précéder la climatisation. Volets, stores, isolation des toitures, brasseurs d’air, ventilation nocturne et végétalisation peuvent réduire la surchauffe. Dans le Var, les fortes températures nocturnes compliquent toutefois cette stratégie.
- La chaleur pourrait modifier la valeur immobilière. Orientation, protections solaires, ventilation et environnement végétalisé pourraient progressivement compléter le DPE dans l’évaluation des logements.
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